image libre : pixabay.com

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Si tu m’aimes encore
Mets la voile et prends la grande mer
On cherchera un nouveau ciel, une nouvelle terre
Là, ou l’amour sera possible, là ou on peut tout refaire

Si tu m’aimes encore
Verse tes larmes et arrose tous les déserts
On sèmera un nouveau grain pour que tout soit vert
Là, ou un été chaud peut devenir un doux hiver

Si tu m aimes encore
Rallume nos deux étoiles qui errent
On marchera comme avant sous leur fine lumière
Là, ou un « je t’aime » peut faire trembler tout l’univers

Mohamed Elwafi

image libre de droit. pixabay.com

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Trois années ont passé et me paraissent quelques jours. Aujourd’hui, j’ai arrêté les multiples courses de ma vie errante, et je suis venu à ta rencontre. Je suis venu aux sources, au cœur de l’enfance même, renouer avec cette vie qui me manque, ton amour, mère, voici ton fils !

Dis-moi que franchir les rives de l’au-delà t’a ouvert les portes d’un monde paradisiaque, et que là-bas, la nuit n’est pas, les fleurs ne fanent pas, éternellement aimées du soleil. Révèle-moi ces lumières, ces parures féeriques, et que mon cœur meurtri reprenne vie !

Je revois mes premières années : de bonne heure, lorsque les premières lueurs de l’aube déchiraient le voile épais des ténèbres, nous foulions déjà les herbes chargées de rosée, vers les campagnes où nous travaillions des journées entières… Paraissent aussi les vives images de mes jeux sous le soleil splendide, ta présence qui, seule, me protégeait des turbulences de la vie et, nos contemplations… Te souviens-tu?

L’incessant « tic-tac » de l’horloge me remonte à la mémoire, chaque minute, chaque seconde, passée auprès de toi. Les souvenirs en moi se succèdent, se bousculent, agressifs et cruels comme des serpents venimeux.

Dans le ciel sans étoiles ou se perd mon regard, sur la plaine illuminée par la lumière argentée de la lune, sur la cime des cocotiers caressés par la brise du soir, et, dans ce silence que troue les lamentations de mon cœur, c’est  ton image que je vois s’ouvrir comme les pétales d’une fleur à la faveur de l’aurore, image à la quelle j’ai toujours souri et dont l’étrange clarté capte mon cœur et l’hypnotise.

Tu m’as appris à ne jamais baisser les bras, et que la défaite en elle-même n’est qu’une bénédiction, un succès déguisé.Tu m’as toujours prodigué des enseignements qui devaient m’aider à bâtir ma vie d’homme.

Ce soir, je t’attendrais. Au milieu de la foule bigarrée, au bout du ciel, au bout du monde, je croirais voir ton image, entendre ta voix. Je chanterais ton nom à chaque seconde, je t’apporterais des fleurs bleues, tes préférées. j’attendrais au salon, les volets mis-clos, guettant sans cesse ta venue, prêtant l’oreille au bruit de tes pas, comme avant.

Mais tu ne viendras pas.

Daves