credit photo : challenge.ma

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Au Cameroun, la morale, de même que la recherche des valeurs, ne sont plus les choses du monde les mieux partagées pour reprendre la célèbre formule de René Descartes. Méditons sur un cliché.

À la faveur d’une récente circulaire relative au renouvellement des bureaux des organes de base du RDPC, parti au pouvoir, on a assisté à une gesticulation de mauvais goût. Les différents candidats ont servi au peuple camerounais une démocratie tropicalisée, une démocratie de l’apparence. Ils ont acheté plusieurs cartes de membres pour les placer auprès du « bétail » électoral.  Le cou des textes a été sérieusement tordu, guillotiné. Et parce qu’ils ont opté pour ces voies obscures, le dialogue souhaité et attendu pendant les joutes de ce genre a volé en éclats. Contestations, nuits de longs couteaux étaient au menu. Très vite, on est passé d’une politique de pédagogie et de développement, à une politique totem, mensongère. Les candidats ont ainsi versé dans ce que Alain Duhamel appelle la politique imaginaire, autrement dit, un semblant de politique qui ferme les horizons de l’avenir parce qu’elle normalise l’écart pendant qu’elle écarte la norme.

Au delà des textes, les candidats n’ont pas compris que la politique n’est pas une mystique sans éthique. Qu’elle est un art, une affaire de valeur et d’éducation. Je crois sincèrement que je ne suis pas le seul camerounais à penser que pour qu’un système aussi malhonnête puisse fonctionner merveilleusement, sans aucune sanction, aucun grain de sable pour enrayer son puissant mécanisme, il a besoin d’être encadré. Solidement encadré. Par la grande passivité du chef de l’état.

Ce pays est-il vraiment gouverné ?

Malgré les sanctions du conseil de discipline budgétaire et financière, – que plusieurs observateurs qualifient  à tort ou à raison comme étant instrumentalisées – la corruption a continué sa folle avancée. Cette immoralité rampante trouve son fondement devenu le code génétique de tous et de chacun. Au nom de l’idéologie de l’argent et du pouvoir, notre société est tombée dans une zombification très avancée.

Pourtant, en guise d’avertissement, de sonnette d’alarme, le philosophe camerounais Ebenezer NJOH MOUELLE signalait déjà que « si on supprime dans l’existence des hommes, toute préoccupation de la valeur, c’est la chute verticale dans l’animalité, le triomphe des instincts grossiers ». En sommes-nous si éloignés ?

Au regard de la déferlante de l’immoralité, il urge aujourd’hui de mener une profonde réflexion pour la production d’un référentiel éthique pour réarmer mentalement les camerounais en faisant une rupture avec le logiciel mental en vigueur.

Sinon…